
Le Rempart et son Histoire
Les maisons ouvertes sur le rempart, vue du lavoir de la Marmory. Ce rempart était la deuxième enceinte, construite au début du XIV eme siècle.
La première enceinte fut certainement financée en 1242 par Henri III d’Angleterre, qui fit un don aux Réolais « pour clôturer leur ville. Auparavant la ville n’était protégée que par des fossés, et outre la Garonne, les deux cours d’eau qui représentaient des protections naturelles, le Cugey ( Pinpin actuellement) et le Turon ( Charros actuellement).
La deuxième enceinte date du commencement du quatorzième siècle. La rue entre les deux enceintes s’appela longtemps la rue « entre deux murs ». On y voyait deux portes l’une appelée porte des Babouyns, au pont du Charros et à la jonction des rues Glacière et des Argentiers, l’autre, appelée porte de la Marmory.
Au XVII eme siècle deux bijoutiers s’installèrent dans la rue « entre deux murs » qui devient alors la rue des Argentiers. Les constructions des faubourgs étaient devenues si nombreuses au quatorzième siècle qu’elles nécessitèrent de nouvelles murailles.
La première enceinte a été peu modifié, comme en témoigne cette vue datant de 1900 de la rue des Argentiers.
La seconde enceinte, sur laquelle très vite se sont appuyées des maisons, a fait l’objet de modification ( creusement, rehaussement, comblement avec divers matériaux. On peut cependant voir les moellons originaux en bas de la muraille.
Sur cette vue du début du XXeme siecle, on aperçoit bien les différents remaniements de la façade.
Sur la vue ci-contre, on peut apercevoir le rempart ainsi que le Charros, alors qu’il courrait à l’air libre.
Le comblement eu lieu au XXème siècle, à partir de 1954. Des travaux d’enfouissement du cours du Charros sont entrepris en deux tranches afin de supprimer les nuisances. Le ruisseau coule désormais dans une conduite maçonnée d’environ 3 m de large sur 2,50 m de hauteur, entre le quartier du Martouret et la voie ferrée.
Les familles qui ont façonné le bâtiment
Le rempart de la Marmory date de la fin du XIVeme siecle, sous le reigne de Jean II ou de Charles IV.
Selon toute vraissemblance, le bâtiment, ancien corps d’arme appuyé sur le rempart, a été construit en habitation par la famille Orion. D’origine ils étaient teinturiers, puis ils se sont enrichis et sont devenus notables et ont donné des jurats à la ville de La Réole. ( la ville de La Réole était gouvernée par une assemblée de jurats, élus parmi les notables de la ville).
En 1676, Jean d’Orion designa sa fille Louize légataire universelle , à l’occasion de son mariage avec l’homme d’arme Bertrand Lugat. Elle prend la maison dans sa dot et la fait ainsi passer à la famille Lugat. Elle y restera durant 166 ans.
Famille Lugat
1767 Bertrand Lugat devient propriétaire par mariage. Il décéde en 1696 et légue tous ses biens à sa femme, Louize d’Orion, qui en 1721, lors du mariage de son fils Jean-Baptiste de Lugat avec Marie de Losteau le 12 janvier lui donne la maison, tout en conservant le droit d’y habiter. C’est à cette époque que les salons sont construits, en remaniant la bâtisse fortement. En 1749, à la mort de Jean-Baptiste la maison revient à son fils ainé Anne Claude. Anne Claude de Lugat sera deux fois maire de La Réole, une fois à 45 ans pour trois ans en 1768 à 1771. Puis à la révolution, il est élu le première maire de La Réole . Il décède sans enfants en 1799 et la maison passe à son frère cadet Pierre Lugat jusqu’à la mort de celui-ci en 1817. La maison reste alors en indivision entre les petits enfants et arriéres petits enfants de Jean-Baptiste de Lugat jusqu’au 2 novembre 1842, date à laquelle ils la vendent à Jean Grangey, tanneur.
Famille Grangey
Jean Grangey a une tannerie florissante et s’enrichit rapidement. Il achéte une maison adjacente afin d’y loger de la famille en 1867. A sa mort en 1876 sa femme Barthélémie Cadis en hérite. Ce sont eux qui construisent l’escalier central ainsi que la balustrade extérieure. Barthélémie conserve la maison jusqu’à sa mort, puis la demeure passe en héritage à son, fils ainé Jean Grangey, banquier, qui y habite lui aussi. il crée la vérrière. A son décès en 1906, son épouse Catherine Lafarge conserve la maison lors de la division. A sa mort, la maison passe à sa fille Marie Jeanne, et par mariage à son mari Renard Manceau, André Joseph, jusqu’en 1933. (Leur fille Jeanne Marie Claudette Renard Manceau, écrivaine et poétesse sous le nom Claudette Gabriel Dubourg y est née le 3 juillet 1900.
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Charles Chibaley l’achete en 1933, puis son neveu Jacques Pierre hérite en 1950, puis en 1975 ses deux cousines qui vendent en 1977 en à Emile-Alfred-Joseph Villette et son épouse, Olgat Landrieux. Enfin seront propriétaires les familles Suabat, Deville, puis Moreau.